Appel à contributions – Réalignement et transformation de la vie politique québécoise: conséquences et perspectives

Depuis plusieurs années, le paysage politique québécois se transforme. Ces changements semblent par ailleurs s’être accélérés au cours des derniers cycles électoraux. La nature des enjeux politiques, le renouvellement des actrices et des acteurs du système politique (compris ici au sens large) ainsi que le comportement de l’électorat apparaissent comme étant des indicateurs d’une mutation en cours.

Premièrement, le clivage souverainisme-fédéralisme, dominant la scène politique québécoise depuis la Révolution tranquille, semble s’effacer progressivement au profit d’autres enjeux s’inscrivant davantage sur l’axe gauche-droite (Grégoire et al., 2016; Nadeau et Bélanger, 2013). Les questions identitaires, autant nationales, collectives, qu’individuelles, se transforment et gagnent en visibilité dans le discours politique et au sein de la société québécoise. En ce sens, la polarisation des idées, la montée du populisme et de la crise de la démocratie représentative apparaissent comme étant des avenues de recherche prometteuses, ici comme ailleurs.

Deuxièmement, nous observons également un éclatement de la scène partisane québécoise. Le déclin des partis traditionnels – particulièrement du Parti québécois (Dufour et Montigny, 2020) parfois qualifié de «parti générationnel» (Lemieux, 2011) – au profit d’autres partis autrefois marginaux, additionné d’un renouvellement de l’élite politique, modifient la composition des acteur.trice.s et des institutions de la vie politique. Bien que l’élection de 2018 semble consacrer ce réalignement (Bélanger et Daoust, 2020), on observe cette dynamique depuis le scrutin de 2012 (Bodet et Villeneuve-Siconnelly, 2020).

Finalement, nous constatons des changements dans le comportement de l’électorat et dans les façons de militer politiquement. Cela s’observe autant chez les partis (ex. baisse du nombre d’adhérent.e.s) que dans les sphères d’action politique non-institutionnalisées (ex. formes de contestation). Ajoutons que non seulement les valeurs des Québécois.e.s semblent évoluer (Grégoire et al., 2016), mais que l’arrivée de nouvelles générations d’électrices et d’électeurs contribuent aussi à créer de nouvelles dynamiques (Gélineau, 2015; Montigny et Cardinal, 2019).

Bien que les études électorales portant sur le Québec aient maintenu l’intérêt des chercheur.euse.s depuis les 50 dernières années (Chouinard, 2017), les réalignements qui marquent la politique québécoise – comme leurs impacts sur la vie démocratique – doivent être mieux compris. Quelles sont leurs ramifications dans le système politique, auprès de ses acteur.trices et pour la société québécoise en général?

Ce numéro spécial de Recherches sociographiques a pour objectif d’analyser comment s’articule le réalignement en cours de la vie politique québécoise. Quels en sont les conséquences politiques, partisanes et sociales? Comment les actrices et les acteurs politiques s’adaptent à ces changements et comment pouvons-nous interpréter les effets de leurs actions? À qui profite cette situation et quels sont les impacts réels et potentiels de cette mutation sur la société québécoise?


Ce numéro spécial de Recherches sociographiques est dirigé par Philippe R. Dubois, Katryne Villeneuve-Siconnelly, Prof. Thierry Giasson et Prof. Eric Montigny, toute et tous du Département de science politique de l’Université Laval. Toute demande de renseignements supplémentaires peut leur être acheminée par courriel.

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